Un reptile sur le divan

Wild.

22 mars 2005

Just tell a story(spit it up, it might be good for you)

Il y a de cela quelques années, Esiah vivait tranquillement dans sa petite maison en bois, à quelques kilomètres de la civilisation. Il avait l'électricité, l'eau courante et le gaz naturel. Lui, ses livres, ceux qu'il avait écris, ceux qu'il écrivait et ceux qu'il lisait.

Les rares personnes qui passaient le voir était son éditeur, qui était aussi son meilleur ami, son neveux qui le prenait pour un père de remplacement et qui passait souvent lui régler ses problème d'ordinateur et un animal, qui venait la nuit, qu'il n'avait jamais vu mais qui finissait toujours son assiette en n'en laissant même pas une seule miette.

Esiah aimait sa tranquillité. Depuis l'arrivée de l'ordinateur, il n'avait plus à entretenir sa mysanthropie en allant faire des recherches entouré de ses pairs. Il préférait ne voir que son ami, son neveu ou la bête qui rôdait près de chez lui.

Un matin, l'assiette qu'il laissait le soir sur le porche était encore intacte. Esiah fut troublé, en 20 ans, jamais une seule fois elle n'avait été délaissée. Bien sur au début, seulement quelques morceaux partaient, mais ses poubelles ne s'en retrouvaient plus déversées sur le chemin. Puis, au fils des mois, l'assiette devenait vide de plus en plus vite, et Esiah continuait de livrer soir après soir une pitance pour l'animal qui s'en délectait.

Mais l'assiette pleine le plongea dans une tristesse indicible. Comment, en 20 ans, il n'avait même pas essayé d'entrapercevoir l'être qui avait fini par accepter sa nourriture, sans rien donner en retour, mais Esiah n'exigeait rien en retour. Mais, de par l'absence d'acceptation, il se sentit en colère.
Le soir même, il reposa une nouvelle assiette sur le porche et allat se coucher. Son sommeil fut sombre et entrecoupé de saynètes réellement traumatisantes. Au matin, l'assiette était encore pleine. Alors qu'il contemplait l'absence de vide, son ami éditeur déboulat du chemin dans la mustang chérie de ses jeunes années. Il remarqua tout de suite le trouble qui s'était emparé de son ami écrivain. Il s'obligea à rester pour la nuit. Esiah laissa une fois de plus une assiette sur le porche.

Au matin, Esiah fut réveillé par un rire de soulagement. Sur le porche pourtant, l'assiette semblait encore pleine. Mais, en y regardant de plus près, si les haricots rouges étaient encore bien présent, le morceau de veau lui, avait bel et bien disparu.
Esiah su qu'il n'avait plus affaire à la bête d'autrefois. Mais, il était quand même heureux, il allait se faire un nouvel ami sauvage, c'était reparti pour 20 ans encore.

Dans sa mustang qui ronronnait sur le chemin du retour, l'ami d'Esiah comprima un renvois acide. "Je n'aurais pas du manger le veau, juste l'enterrer plus loin dans les bois." pensa-t'il.

Le lendemain, Esiah ne se réveillat pas, mais il avait le sourire aux lèvres.

Dans sa mustang garée sur le bas-côté, l'ami d'Esiah avait regardé s'écouler les dernier grains de sable du sablier à la lumière du levant. Esiah avait écrit tellement de bon livres qui l'avait passionné qu'il se refusait à venir le cueillir dans un moment d'infinie tristesse, il lui avait rendu la joie pour ses derniers instants.

La mort devait bien ça au seul écrivain qu'elle ai jamais estimé.

Posté par Darwin à 02:42 - Digressions - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Mh, j'aime bien la nouvelle

    Posté par DDrimene, 24 mars 2005 à 02:29 blog

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